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picto La fouille avant vêlage


La fouille avant vêlage fait partie des gestes « infirmiers » couramment pratiqués par l’éleveur. Il s’agit d’une exploration vaginale qui permet de vérifier que la mise-bas se déroule normalement mais elle n’implique pas nécessairement de l’accélérer. Elle ne doit pas s’improviser ni être précipitée ni systématique. Les conditions d’hygiène dans lesquelles elle est réalisée conditionnent la fécondité ultérieure de la vache car la contamination microbienne des voies génitales est à l’origine de métrites.


Comment se préparer ?


- Le matériel : a minima, il faut avoir à disposition des gants, du gel lubrifiant, du savon antiseptique et un seau d’eau tiède ; idéalement, on peut y ajouter du papier absorbant, une casaque de vêlage ainsi que le matériel de vêlage proprement dit (des lacs désinfectés, une vêleuse) et celui nécessaire à une éventuelle réanimation du veau.


- La vache : la vache est attachée dans le box de vêlage bien paillé qui aura été nettoyé et désinfecté après le vêlage précédent. Pour travailler en toute sécurité et éviter les déplacements latéraux de la vache, une barrière de contention s’avère utile. Les bovins étant de nature grégaire, il faut éviter d’isoler la vache qui sera moins stressée à proximité de ses congénères. La fouille, et ultérieurement la pose des lacs sur le veau, sont plus faciles si la vache reste debout. La queue est attachée ou mieux, confiée à un aide. La région vulvaire est nettoyée au savon ; si le périnée est très souillé, il est possible d’enlever la majeure partie de la bouse au préalable avec du papier absorbant ou un bouchon de paille. Attention, si la vache défèque avant ou pendant la fouille, il faut évidemment recommencer le nettoyage et changer de gants.


- L’éleveur : portez des gants à manchette longue prévus à cet effet ; sinon, lavez-vous les mains et les avant-bras avec le savon antiseptique.

 

Dans quels cas faut-il intervenir ?


La mise-bas chez la vache est naturellement assez longue. On peut arbitrairement en définir 2 phases:


- Depuis le début des contractions utérines jusqu’à la dilatation complète du col (4 à 24 h) : la vache cesse de s’alimenter, le col de l’utérus se ramollit et se dilate, l’utérus se contracte régulièrement, le fœtus adopte sa position de sortie, la 1ère poche des eaux (transparente et avec des vaisseaux sanguins) apparait à la vulve et peut même déjà se rompre. Cette phase dure plus longtemps chez les génisses que les multipares.


- Depuis la dilatation complète du col jusqu’à l’expulsion du veau (1/2 h à 3 h): les contractions sont de plus en plus fortes et rapprochées, le veau s’engage dans le bassin, la 1ère poche des eaux se perce, la vache se couche et pousse, la 2ème poche des eaux (grisâtre et non vascularisée) se rompt aussi dans la majorité des cas, le veau est expulsé.


Il faut intervenir – ou appeler le vétérinaire !- si le vêlage est anormalement long, qu’il ne semble pas progresser malgré les efforts expulsifs de la vache ou au contraire si elle n’a plus de contractions. Cependant, le vêlage est rarement une urgence dans l’espèce bovine : un veau non engagé peut attendre et un veau engagé sans succès peut être repoussé en attendant l’arrivée du vétérinaire.


Qu’est-ce-que la fouille permet de détecter ?

 

- La dilatation du col : la fouille permet d’estimer l’ouverture du col de l’utérus (attention ! elle est plus lente pour les génisses) : s’il vous ne pouvez passer que 3 doigts, le vêlage n’est pas immédiat et n’aura pas lieu avant 5 h ; une dilatation de 8 à 12 cm indique un vêlage dans les 2 à 8 h; si une main d’homme passe, le vêlage est proche (1 à 5 h).

 

- Une éventuelle torsion matrice : la de main ne peut progresser et est déviée vers la gauche ou la droite.

 

- La présentation, la taille, la position du veau, voire le nombre de veaux, sa vitalité : en présentation antérieure normale, la plus courante, on sent ou on voit 2 pattes et une tête au-dessus des onglons ; en présentation postérieure, on trouve 2 pattes et une queue au-dessus des onglons. Il ne faut rien entreprendre avant d’avoir trouvé la tête ou la queue.


Parfois, 2 jumeaux sont imbriqués, le veau est malformé, anormalement gros, en siège (le fœtus est assis, on sent la queue mais pas les pattes), une ou les 2 pattes sont repliées, la tête est déviée…S’il est vivant, un doigt dans la bouche permet de déclencher un réflexe de succion ou le pincement de la peau entre les onglons un réflexe de retrait de la patte ; un fœtus anormalement agité peut signifier une mort imminente. Le fœtus peut être mort depuis peu de temps ou au contraire gonflé et en putréfaction.-

 

- Le choix d’une stratégie obstétricale : après avoir identifié la cause de la dystocie, en tenant compte de son expérience propre et des limites de la technique choisie.

 

L’intervention du vétérinaire est toujours nettement préférable, tant pour le veau que pour la mère, à une extraction musclée !